Une nouvelle application de la technique
d’intervention par résonance sonore pour le traitement de la
fibromyalgie : analyse rétrospective
Jennifer Cogan, M.D.a*, Michel Camus, Ph.D.bf,Jean-François
Saucier, M.D.c,
Pierre Arsenault, M.D.d,Jocelyn Demerse
a Institut de cardiologie de Montréal et Université de
Montréal, Département d’anesthésiologie, 5000, rue Bélanger, Montréal,
Québec, Canada H1T 1C8
b Université de Montréal, Département de
médecine sociale et préventive, Montréal, Québec
c Université de Montréal, Centre de
recherche du CHU Sainte-Justine, Faculté de médecine, Montréal, Québec et
Psycho Physio, Montréal, Québec, Canada H3S 1W3
d Université de Sherbrooke, Département de médecine
familiale, Faculté de médecine, Sherbrooke, Québec, Canada J1H 5N4
e Centre Psycho Physio, Montréal,
Québec, Canada H3G 1P5
f Santé Canada, Division de la
biostatistique et de l’épidémiologie, Programme de la sécurité des milieux,
Ottawa, Ontario, Canada H3T 1J4
Résumé
Objectif : Revue de dossiers pour évaluer l’efficacité de la
technique d’intervention par résonance sonore (TIRS), protocole en 3 phases,
pour traiter la fibromyalgie.
Résultats : Les scores initiaux du FIQ de 159 patients consécutifs se situaient entre 24 à 80 (moyenne = 58). Après la phase 1 (»1 mois après le début du traitement), les scores avaient diminué d’en moyenne 26 points (n = 128, IC 95 %, 23-30, p < ,001). Après la phase 3, la diminution moyenne des scores des 53 patients ayant complété un FIQ était de 38 points (IC 95 %, 32-44, p = ,004).
Conclusion : Cette analyse
rétrospective suggère que le protocole thérapeutique en 3 phases apporte
un soulagement important et rapide des symptômes de la fibromyalgie, effet qui
semble persister après plusieurs années. Ces résultats, bien que non concluants,
sont remarquables si l’on considère qu’aucun traitement de la fibromyalgie
rapporté dans la littérature scientifique ne présente une telle efficacité.
Dans le contexte, la réalisation d’une étude de suivi basée sur un schéma d’ECR
est justifiée.
MOTS CLÉS
Fibromyalgie;
Technologie de résonance sonore;
FIQ;
Contrôle de la douleur;
Médecine integrative
_________________________
·
Auteur-ressource. Tél. : (514) 376-3330, poste 3732;
Téléc. : (514) 376-8784. Courrier
électronique : jennifer.cogan@umontreal.ca (J. Cogan)
Article initialement
publié en anglais dans la revue Complementary Therapies in Clinical Practice
(2006) 12, 206-212. Copyright : 2006 Elsevier Ltd. Tous droits
réservés
Introduction
La fibromyalgie (FM), décrite
pour la première fois par Balfour en 1810, est un syndrome de douleur chronique
d’étiologie inconnue touchant de 10 à 12 % de la population à un moment ou
un autre et jusqu’à 6 % des patients qui consultent un médecin
généraliste.1,2 Elle
est caractérisée par une douleur chronique diffuse dans les muscles et les
articulations et peut affecter les systèmes cardio-vasculaire, digestif,
génito-urinaire, endocrinien, psychologique et nerveux central.3,4 Elle touche les femmes dans une plus grande proportion, ce ratio allant de 9:15 à 20:16 selon les études. Elle entraîne des coûts importants sur les
plans tant physique, émotionnel et qu’économique. Une étude récente menée
auprès d’un employeur, qui a comparé l’ensemble des bénéficiaires et un
sous-groupe d’employés, a estimé le coût annuel des réclamations d’un
bénéficiaire ayant au moins une réclamation liée à la FM à 5945 $US,
comparé à 2486 $US pour le bénéficiaire type.7 Ce montant comprend le traitement des
comorbidités et le coût des jours de travail perdus.
La pathogenèse de
la fibromyalgie est multifactorielle et peut varier d’un individu à l’autre. Le
diagnostic et le traitement posent de réels défis : on n’a toujours pas
trouvé la référence en matière de diagnostic, et aucun traitement ne s’est
encore révélé efficace. Un examen systématique des essais contrôlés randomisés
(ECR) portant sur des interventions non pharmacologiques en 20028 a
recensé 25 ECR. Parmi les interventions évaluées, notons la rééducation
par l’exercice, l’éducation, la relaxation, la thérapie
cognitivo-comportementale, l’acupuncture et l’hydrothérapie. Les auteurs n’ont
découvert aucune preuve d’effet bénéfique associé à ces interventions, à part
quelques données à l’appui des exercices d’aérobie. En 2004, Goldenberg et
coll.1 ont publié un examen systématique visant à établir des lignes
directrices fondées sur des données probantes pour le traitement optimal de la
FM. Ainsi, l’étude des données actuelles ferait pencher en faveur des
programmes à étapes comprenant les éléments suivants : 1) un accent
sur l’éducation; 2) l’utilisation de médicaments tels que les antidépresseurs
tricycliques, ou ISRS; 3) des exercices tels que l’entraînement cardio-vasculaire
et musculaire; 4) la thérapie cognitive; ou 5) une combinaison de ces 4
approches.
Dans le
présent article, nous présentons les résultats d’une analyse rétrospective de
131 patients consécutifs souffrant de FM qui, de juin 1996 à mai 2004, ont
observé un protocole de traitement en 3 phases (technique de résonance
sonore, psycoaching et intégration) dans une Centre de psychophysiologie.
Fondements du traitement par résonance sonore
La technique d’intervention
par résonance sonore (TIRS) est fondée sur le « modèle du
dérèglement »;9,10 selon ce modèle, les émotions agiraient sur
les fonctions neurobiologiques qui leur sont associées et pourraient entraîner
leur dérèglement. Ce modèle ne postule pas un lien de causalité, mais une
faiblesse dans le traitement cognitif de l’émotion provoquant des changements
dans les systèmes endocrinien et neurovégétatif, ce qui, à la longue, aurait un
impact sur la santé physique. Le modèle s’inspire du concept d’alexithymie,
défini à l’origine par Nemiah11 comme un « concept
multidimensionnel comprenant trois facteurs : la difficulté à reconnaître
ses sentiments, la difficulté à verbaliser ses sentiments et les pensées
rattachées à des événements extérieurs »;12 il suggère que la
perturbation du processus cognitif jouerait un rôle dans l’expérience de la
douleur.13 Ce modèle a été utilisé pour le traitement de la douleur
et de la dépression.14,15
Technologie de
résonance sonore
Le traitement par
résonance sonore fait appel à un appareil de type vibro-acoustique qui stimule
simultanément les systèmes auditif et somatosensoriel d’un individu, ce qui a
pour effet d’activer sa mémoire à long terme. G.M. Edleman propose un
modèle neurologique basé sur la sélection des groupes neuronaux pour expliquer
l’essentiel du comportement humain.16,17 Mais, plus important
encore, il peut décrire les mécanismes reliant les plans psychologique et
physiologique. Selon ce modèle, les traumatismes psychologiques laisseraient
des empreintes neurologiques distinctes qui influenceraient le développement
des circuits neuronaux. Toute expérience significative a une influence sur ces
empreintes. Le traitement par résonance sonore vient stimuler ces empreintes
neurologiques, ce qui a pour effet de libérer et de faire ressurgir des sentiments
intenses qui pourront alors être traités en toute conscience par le sujet. Le
fait de reconnaître ces souvenirs et de résoudre les problèmes qu’ils
soulèvent, aidé en cela par un thérapeute, amène des changements dans
l’attitude et les habitudes de vie du sujet qui favorisent une diminution des
symptômes de la fibromyalgie.
Description de la technique
d’intervention par résonance sonore (TIRS)
La TIRS est un programme de
traitement en 3 phases. La première phase, la technique de résonance sonore, comprend de 16 à
20 séances de résonance sonore d’une durée de 42 minutes. Chaque
séance (2/jour pendant 10 jours) est suivie d’une période de repos au cours de
laquelle les participants notent leurs souvenirs, leurs pensées et leurs
sentiments. La seconde phase, le psycoaching, consiste en une
psychothérapie individuelle intensive de 2 à 4 semaines, totalisant environ
27 heures (2 à 3 heures/jour). Au cours de ces séances, le
participant est amené à identifier les éléments stressants de sa vie et à
examiner leurs conséquences physiques et psychologiques; le matériel écrit lors
de la phase précédente est utilisé à ce moment. La troisième et dernière phase
en est une d’intégration. Elle vise à assurer le transfert dans la vie de tous
les jours des prises de conscience effectuées par le patient aux phases 1 et 2.
Au départ, les rencontres ont lieu toutes les 2 semaines; cette période
peut changer, au besoin, selon les progrès du patient. Au total, la phase
intensive du traitement dure 4 semaines (2 semaines de résonance
sonore et 2 semaines de psychothérapie). La phase d’intégration peut quant
à elle durer jusqu’à 11 mois, bien que souvent, elle ne dépasse pas 5 ou
6 mois.
Patients et méthodes
Population
Cet article présente des
données sur des patients admis de façon consécutive à une Centre privée pour
un traitement de la fibromyalgie. Les patients étaient envoyés par un médecin
ou un ami, ou se présentaient d’eux-mêmes. Ils souffraient de fibromyalgie
primaire (c.‑à‑d. sans autre maladie connue) ou de fibromyalgie
secondaire (c.‑à‑d. combinée avec une maladie telle que la
polyarthrite rhumatoïde, le lupus, l’hypothyroïdie, la dépression majeure).
Méthode d’acquisition des
données
Un examen systématique de tous
les dossiers des patients traités pour la fibromyalgie au Centre entre 1996
et 2004 a été réalisé. Au cours de leur traitement de 1 an, les patients
ont rempli le questionnaire de mesure d'impact de la fibromyalgie (FIQ) à
plusieurs reprises, soit : 1) à la rencontre initiale (prétraitement);
2) à 1 mois (phases 1 et 2 complétées); et 3) à 6 et à
12 mois (phase 3 complétée). Après l’année de traitement, s’ils
appelaient au Centre pour un suivi, on leur proposait de compléter le FIQ
par téléphone. Tous les patients ont signé un formulaire de consentement
éclairé.
Mesure des résultats
Le questionnaire de mesure
d'impact de la fibromyalgie (FIQ) est un questionnaire multidimensionnel,
auto-administré, conçu pour évaluer les éléments de l’état de santé du patient
les plus susceptibles d’être affectés par la FM. Le questionnaire comprend
10 items, qui mesurent la capacité à effectuer des tâches, la situation
relative au travail, la dépression, l’anxiété, les douleurs liées au sommeil,
la raideur, la fatigue et le bien-être général du patient. Le premier item
porte sur la capacité du patient à accomplir des tâches sollicitant des grands
muscles; il se divise en 10 sous-items, gradués selon une échelle de Likert, où
0 = « toujours capable de le faire » et 3 = « jamais
capable de le faire ». Aux 2e et 3e items, on
demande au patient d’encercler le nombre de jours où il s’est senti bien et
celui où il a manqué le travail au cours de la dernière semaine. Les 7 derniers
items utilisent des échelles visuelles analogues réparties sur 10 échelons de
10 mm, le 10 équivalant à la plus grande difficulté. Ces items portent sur
la capacité à travailler, la douleur, la fatigue, la sensation de fatigue au
lever, la raideur, l’anxiété et la dépression. Les scores individuels sont
combinés pour calculer la mesure de l’impact total, qui va de 0 à 80. Le score
d’un patient type tourne autour de 50 alors que celui d’un patient très atteint
dépasse généralement 70.5
Lorsque le
questionnaire a été créé, les patients qui ne travaillaient pas à l’extérieur
de la maison ne répondaient pas aux 2 questions liées au travail. Pour ces
derniers, le score total était donc calculé uniquement sur 8 items. Depuis
la révision de 1997, la définition du travail s’est élargie pour inclure le
travail de maison. Les utilisateurs du questionnaire doivent par conséquent
indiquer dans leurs publications le nombre d’items compilés (8 ou 10). Dans la
présente étude, comme dans celle de la Centre Mayo,18 nous n’avons
pas inclus les deux items relatifs au travail, car ces questions ne sont pas
pertinentes pour un grand nombre de patients. La fiabilité de test-retest du
FIQ ainsi que la validité de son contenu et de sa construction ont déjà été
démontrées. Ce questionnaire est largement utilisé dans les recherches sur la
fibromyalgie.5
Analyse des données
Les caractéristiques et les scores de prétraitement des 159 patients
admis au Centre durant l’étude ont été décrits en fonction de la phase de
traitement complétée : admission (prétraitement), 1 mois
(phase 2), 6 mois (à mi-chemin de la phase 3) ou 1 an
(phase 3 complétée). Pour tester d’éventuels biais ou différences
initiales dans les schémas individuels de traitement et de suivi, on a comparé
des proportions ou des moyennes de ces variables à différentes phases du
traitement; pour ce faire, on a utilisé des tests de Student standard (groupes
traité et non traité), la régression linéaire et un test non paramétrique pour
la tendance basé sur le Test de Wilcoxon.19,20
Les scores
du FIQ ont été calculés à l’aide de la formule suivante : = (1/3)*FIQ1 +
(10/7)*FIQ2 + FIQ5 + FIQ6 + FIQ7 + FIQ8 + FIQ9 + FIQ10. Ce calcul exclut les
troisième et quatrième questions (FIQ3 et FIQ4) sur le travail, afin
d’accroître la validité et la comparabilité avec l’étude de la Centre Mayo.18 La mesure du résultat a été
réalisée en calculant la différence des scores du FIQ à l’admission à la
Centre avec ceux à 1 mois, à 6 mois et à 1 an. La mesure
principale a été établie a priori à 1 mois, ce qui nous a permis d’évaluer
les effets de la technique d’intervention par résonance sonore pour la période
la plus couramment utilisée dans les interventions non pharmacologiques et de
comparer nos résultats avec ceux de la Centre Mayo. La distribution et
l’échantillonnage statistiques des scores du FIQ et des différences sont
présentés; ces différences ont été calculées à l’aide du test de Student
classique entre données appariées. Les registres de la Centre contiennent
l’âge, le sexe, la durée des symptômes et les antécédents de dépression des
patients.
Résultats
Entre le 10 juin 1996 et le 15
mai 2004, 159 patients se sont rendus au Centre pour un traitement de
fibromyalgie. Les patients étaient âgés de 15 à 68 ans (moyenne =
47 ans, ET = 10 ans); 8.8 % étaient des hommes. Au total,
131 patients, après avoir compris et accepté les aspects méthodologiques, ont
accepté de participer; ils ont complété un FIQ de prétraitement et au moins un
FIQ de post-traitement. Nous possédons des données à 1 mois pour 128 de
ces patients; nous détenons également des données à 6 mois pour 56
patients, et à 12 mois pour 53 patients.
La
Figure 1 présente
les scores du FIQ (8/10 items) pour l’ensemble des patients suivis ayant
complété un FIQ de prétraitement et au moins un FIQ de post-traitement. Elle
montre une diminution statistiquement significative des scores du FIQ à
1 mois. Parmi les 131 participants initiaux, 123 (93,7 %) avaient
observé une amélioration après 1 mois de traitement. La diminution médiane
avoisinait les 26 points.
Figure 1
Tableau 1 Scores du FIQ, ET
et valeur P à l’admission et après 1 mois de traitement pour les patients
suivant la TIRS et les patients de la Centre Mayo.
PT TIRS : prétraitement avec technique d’intervention par résonance
sonore; PO TIRS : post-traitement avec technique d’intervention par
résonance sonore; PT CM : prétraitement au Centre Mayo; PO CM :
post-traitement au Centre Mayo. Les valeurs P sont bilatérales et calculées
selon le test de Student d'une différence nulle entre données appariées.
Figure 2
Le
Tableau 1 montre des différences notables après 1 mois de traitement
entre les résultats obtenus à Montréal et au Centre Mayo. Les scores
initiaux du FIQ pour l’étude de Montréal se situaient entre 24,9 à 76,7,
pour un total possible de 80 (correspondant aux 8 items sur 10, comme pour
l’étude de la Centre Mayo). Après 1 mois de traitement, le score total
moyen du groupe TIRS s’élevait à 28,0 (ET = 14,3), par rapport à 44,7
(ET = 13,4) au Centre Mayo.
Une mesure de
l’impact de l’intervention en pourcentage de diminution du score total du FIQ à
1 mois montre que 50 % des patients avaient obtenu une diminution de
plus de 50 % de leur score, alors que 23 % présentaient une baisse
d’au moins 25 %, ce qui indique une efficacité significative du
traitement, d’après l’article de Worrel et coll., qui établit le niveau
d’efficacité à 30 % (Figure 2). Le graphique à barres montre le
nombre de patients pour chaque pourcentage de changement dans le score total du
FIQ; le graphique linéaire simple traduit ces chiffres en pourcentage cumulé.
Discussion
Nos données rétrospectives
suggèrent qu’un programme de traitement intensif de 1 mois basé sur la
TIRS peut s’avérer efficace pour réduire les symptômes associés à la
fibromyalgie. Le score global du FIQ avait diminué de façon significative après
1 mois de traitement, et les sous-variables (c.‑à‑d. la
déficience physique, le nombre de mauvaises journées dans une semaine, la
douleur, la fatigue durant la matinée et la journée, un sommeil non réparateur,
la raideur, la nervosité et l’anxiété) enregistraient une baisse
statistiquement significative d’environ ‑2,88 points à 1 mois.
L’étude de la Centre Mayo,18 basée sur un programme de 12 heures
réparties en une journée et demie, n’a enregistré une diminution significative
que pour 6 des 8 sous-variables, et une diminution moyenne beaucoup
moindre, soit d’environ ‑0.91 point. Les résultats de la TIRS se
comparent favorablement à d’autres études, par exemple à celles de Turk21 et de Gowan.22 Gowan et
coll. ont réalisé un programme de 18 heures réparti en 6 semaines
(3 h/sem.) ayant enregistré des résultats statistiquement significatifs
pour seulement 2 des 8 sous-variables, alors que Turk, qui a mené un
programme interdisciplinaire de 4 semaines réparti en 6 séances
d’une demi-journée (total de 24 h), a obtenu une diminution
significative pour 4 des 8 sous-variables. Ces études n’ont pas fourni de
score global.
Comme pour la
plupart des publications sur la FM, le présent article se concentre sur le
niveau d’amélioration obtenu à 1 mois, mais propose en outre des données
de suivi à 6 mois et à 1 an pour un plus petit nombre de patients.
Même si ces dernières ne sont pas concluantes, les scores du FIQ maintiennent
leur tendance à la baisse (p = ,004) et se stabilisent, la
diminution médiane atteignant 38 points après 1 an (n = 53).
Bien qu’on ne dispose que de peu de données à plus long terme, l’effet semble
persister après 6, 7 et 8 ans (n = 12, 8 et 3 respectivement).
Malheureusement,
même si tous les patients présentaient un diagnostic présumé de FM et que la
majorité d’entre eux étaient envoyés par un médecin, aucune évaluation formelle
basée sur les critères de l’American College of Rheumatology n’a été réalisée.
Cependant, notre base de données montre des scores initiaux du FIQ comparables
à ceux de Worrel et coll.,18 ce qui nous laisse croire que les
populations sont comparables.
Dans une analyse
rétrospective, la question de l’acquisition des données peut poser certains
problèmes. Pour clarifier cette question, nous avons comparé de façon
indépendante les dossiers de 30 patients et avons trouvé une concordance de
presque 100 % avec les données initialement entrées par le personnel de la
Centre. Nous avons également examiné la question du biais de sélection, pour
nous assurer qu’il n’existait pas de biais en faveur des patients ayant accepté
le traitement. Or, parmi les 159 patients qui se sont rendus à la
Centre, 28 ont décidé, à la suite de la première consultation, de ne pas
entreprendre le traitement. Compte tenu de l’ampleur de l’effet observé, il
apparaît improbable que les données de ces 28 patients aient été
totalement à l’encontre des résultats obtenus.
En
conclusion, cette analyse rétrospective de la TIRS rapporte deux faits majeurs
concernant les traitements tant médicaux que non médicaux de la FM qui n’ont
encore jamais été documentés : non seulement a-t-on observé une diminution
Centrement et statistiquement significative des scores du FIQ après un mois
de traitement, mais cette tendance se maintient au cours de la première année,
l’effet demeurant observable même après 8 ans. Nous avons de bonnes
raisons de croire que l’effet positif de la TIRS est engendré par un mécanisme
d’inhibition de la douleur endogène. Cependant, le présent modèle d’étude ne
permet pas d’explorer cette hypothèse plus avant. Les résultats sont néanmoins
assez fascinants pour justifier la réalisation d’une étude scientifique plus
poussée.
Faits établis sur le sujet
La fibromyalgie affecte une
proportion importante de la population, elle entraîne des coûts tant
émotionnels qu’économiques, et elle est difficile à traiter.
Jusqu’à maintenant,
les programmes multidisciplinaires à plusieurs phases constituent l’approche
thérapeutique la plus efficace. Ils réussissent dans une certaine mesure à
soulager les symptômes de la fibromyalgie.
La
technique d’intervention par résonance sonore a été utilisée pour le traitement
de la dépression et de la douleur.
Contribution de la présente
étude
Les données suggèrent que la
TIRS, protocole thérapeutique en 3 phases, amène un soulagement important
et rapide des symptômes de la fibromyalgie.
L’effet bénéfique
semble persister plusieurs années.
Remerciements
Nous aimerions remercier le
directeur et le personnel de la Centre pour le libre accès à la base de
données dont nous avons bénéficié et leur empressement à nous aider tout au
long de la rédaction de cet article.
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